CGV pour auto-entrepreneur : exemples, obligations et modèle gratuit

Les conditions générales de vente restent souvent au second plan chez les indépendants. Pourtant, dès qu’un client discute un prix, conteste un délai ou refuse de payer une facture, on se rend très vite compte

Sophie Martineau

Rédigé par : Sophie Martineau

Publié le : juillet 1, 2026


Les conditions générales de vente restent souvent au second plan chez les indépendants. Pourtant, dès qu’un client discute un prix, conteste un délai ou refuse de payer une facture, on se rend très vite compte qu’un cadre écrit aurait évité bien des échanges tendus.

Pour un auto-entrepreneur, les CGV constituent un repère commun : elles fixent les règles du jeu avant de démarrer la mission ou d’expédier un produit. Elles ne transforment pas un client difficile en client idéal, mais elles donnent une base solide pour négocier, rappeler les engagements et, si besoin, prouver sa bonne foi.

Ce texte s’adresse aux micro-entrepreneurs qui veulent sécuriser leur vente en auto-entreprise, sans passer leurs soirées plongés dans les codes juridiques. L’objectif est simple : comprendre quand ces CGV deviennent vraiment utiles, ce qu’elles doivent contenir, comment utiliser un modèle gratuit sans faire de copier-coller aveugle, et où se situe la frontière avec le contrat commercial classique.

Au passage, plusieurs exemples CGV, bonnes pratiques et erreurs fréquentes permettront de voir concrètement comment ce document peut changer la relation client au quotidien, que tu vendes des prestations de service, du conseil, du coaching ou des produits physiques en ligne.

En bref

  • Les CGV ne sont pas toujours imposées par la loi, mais pour un auto-entrepreneur elles deviennent quasi indispensables dès qu’il y a factures récurrentes, missions longues ou clients professionnels exigeants.
  • Un modèle gratuit de CGV fait gagner du temps, à condition de l’adapter : activité, cible (B2B/B2C), modalités de paiement, gestion des retards et limites de responsabilité.
  • Les mentions obligatoires à intégrer concernent notamment l’identification de l’entreprise, les prix, les délais, les pénalités de retard, le droit de rétractation éventuel et la médiation en cas de litige.
  • La réglementation auto-entrepreneur et le cadre légal protègent le client, mais les CGV protègent aussi le micro-entrepreneur en cas de désaccord ou de non-paiement.
  • CGV et contrat commercial se complètent : les premières fixent le cadre général, le second précise la mission ou le projet quand les enjeux montent.

CGV auto-entrepreneur : à quoi servent vraiment les conditions générales de vente au quotidien

Beaucoup d’indépendants démarrent sans conditions générales de vente et attendent le premier conflit pour s’y intéresser. C’est le cas d’Alex, développeur en auto-entreprise, qui accepte une mission de six mois pour une PME.

CGV auto-entrepreneur : à quoi servent vraiment les conditions générales de vente au quotidien — signature contrat entreprise

Le projet dérive, les demandes changent sans arrêt, la direction refuse de payer les journées supplémentaires, faute d’écrit clair. Avec des CGV précisant la gestion des modifications, les délais de paiement et les pénalités, la discussion aurait été moins déséquilibrée.

Concrètement, les CGV servent d’abord à définir le cadre standard de toutes tes prestations ou ventes. Elles indiquent ce qui est inclus, ce qui ne l’est pas, comment se passent la commande, le règlement, la livraison ou la réalisation. Tu évites ainsi de renégocier à chaque client des points de base qui devraient être stabilisés. Cela te fait gagner du temps et te donne une posture plus professionnelle, même si tu travailles seul depuis ton salon.

Deuxième fonction souvent sous-estimée : la gestion de la trésorerie. Les retards de paiement restent une des premières causes de stress chez les micro-entrepreneurs. En fixant clairement un délai de règlement, des modalités de relance et des pénalités de retard conformes au droit commercial, tu limites la dérive. Le client sait dès le départ que tu surveilles ce sujet et que tu ne fonctionnes pas « à la confiance » uniquement.

Les CGV jouent aussi un rôle de filtre. Un client qui refuse de les lire, qui rechigne à les signer ou à les accepter avant même le début de la collaboration envoie déjà un signal. Ce type de résistance annonce souvent des difficultés futures sur la facturation, le périmètre de la mission ou les changements de dernière minute. Mieux vaut repérer ces signaux avant d’être engagé, plutôt que de les découvrir une fois les heures déjà réalisées.

Enfin, sur le plan juridique, les CGV constituent une preuve écrite en cas de litige. Les juges regardent d’abord ce qui a été accepté de part et d’autre. Sans ce document, la discussion tourne autour des e-mails, des souvenirs de conversations téléphoniques, des captures d’écran. Avec des CGV datées et mentionnées sur les devis et factures, ta position est nettement plus solide. Même si tu n’envisages pas d’aller au contentieux, le simple fait de pouvoir rappeler ces conditions évite souvent que la situation ne se dégrade.

En résumé, les CGV ne sont pas un luxe réservé aux grandes entreprises. Pour un auto-entrepreneur, elles représentent un outil de prévention des tensions et un levier de crédibilité, autant qu’un garde-fou juridique.

Quand les CGV deviennent quasi obligatoires pour un auto-entrepreneur

Sur le papier, la loi ne force pas un micro-entrepreneur à produire ses CGV dans toutes les situations. Mais dans la pratique, certains contextes rendent leur absence dangereuse. Dès que tu travailles avec des clients professionnels un peu structurés, la demande de conditions générales de vente arrive très vite, parfois même au moment du référencement fournisseur. Ne pas pouvoir les fournir donne l’image d’une activité amateur, ce qui peut bloquer la signature.

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Autre cas fréquent : la vente en ligne. Si tu gères une boutique e-commerce sous statut d’auto-entrepreneur, tes clients particuliers doivent pouvoir consulter tes CGV avant de valider leur commande. Le cadre légal protège beaucoup le consommateur, notamment sur le droit de rétractation et l’information précontractuelle. Absence ou flou des CGV peuvent alors être sanctionnés, voire utilisés contre toi lors d’un litige avec un acheteur mécontent.

Les prestations longues ou récurrentes justifient également un formalisme renforcé. Coaching de plusieurs mois, accompagnement RH, maintenance informatique, community management… Dès qu’il y a un abonnement, des jalons, des livrables réguliers, ne pas encadrer la relation par des CGV solides revient à laisser la porte ouverte à toutes les interprétations. Que se passe-t-il si le client met la mission en pause, retarde le retour sur les livrables, demande une refonte complète à la dernière minute ? Sans réponses écrites, tout repose sur le rapport de force du moment.

En réalité, la vraie question n’est pas « est-ce que c’est obligatoire ? », mais « est-ce que tu te sens à l’aise de travailler plusieurs semaines sans avoir posé un cadre commun ? ». Si la réponse est non, il est temps de formaliser tes CGV, même si la loi ne brandit pas une sanction automatique.

Mentions obligatoires et clauses clés des CGV pour auto-entrepreneur

Une fois convaincu de l’utilité des CGV, reste à les remplir. Copier-coller un texte trouvé au hasard sur Internet expose à deux risques : ne pas respecter les obligations légales actuelles, et créer un décalage avec ta façon réelle de travailler. Le plus efficace consiste à partir d’un modèle gratuit sérieux, puis à vérifier point par point chaque clause pour l’adapter à ton activité. L’idée n’est pas de tout réinventer, mais de rendre ce document fidèle à ta pratique.

Premier bloc incontournable : l’identification. Tes CGV doivent permettre d’identifier clairement ton activité d’auto-entrepreneur. On retrouve au minimum la dénomination, l’adresse, le numéro SIRET, le statut de micro-entreprise, les coordonnées de contact, ainsi qu’un éventuel numéro de TVA intracommunautaire si tu y es assujetti. Cette partie paraît administrative, pourtant son absence brouille d’emblée la relation commerciale et fragilise la valeur juridique du document.

Vient ensuite la question du prix et des modalités de paiement. Là encore, la précision rend service aux deux parties. Tu peux par exemple indiquer si les tarifs sont exprimés hors taxes avec la fameuse mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI » quand tu es en franchise de TVA, ou préciser les montants TTC si tu as dépassé les seuils. Le délai de règlement standard (par exemple 30 jours fin de mois), les acomptes éventuels, les moyens de paiement acceptés, les pénalités en cas de retard et l’indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement ont leur place ici.

Un autre bloc souvent négligé concerne les délais d’exécution et les livrables. Pour un graphiste, ce sera le nombre de propositions incluses, le format des fichiers livrés, le délai moyen après validation du devis. Pour un consultant, les dates de réunion, la remise de rapports, la durée de chaque séance. Un client ne peut pas deviner ton organisation interne : les CGV servent justement à aligner les attentes avant de démarrer.

Liste des mentions à vérifier avant de finaliser tes CGV

Pour éviter les oublis, tu peux t’appuyer sur cette liste de points de contrôle, à adapter selon ton activité :

  • Identification complète de l’auto-entrepreneur (nom, SIRET, adresse, statut, contact).
  • Champ d’application des CGV (types de prestations, ventes en ligne ou non, cible B2B/B2C).
  • Prix, devis et modalités de paiement (HT/TTC, acomptes, échéances, pénalités, frais de recouvrement).
  • Délais de réalisation, livraison et acceptation des prestations ou produits.
  • Responsabilité, assurances, limites de garantie adaptées à ton domaine.
  • Propriété intellectuelle, confidentialité et données personnelles (y compris RGPD).
  • Droit de rétractation, annulation, report pour les particuliers le cas échéant.
  • Résiliation, médiation et gestion des litiges (mode amiable, juridiction compétente).

Chaque élément de cette liste mérite une phrase claire, accessible à quelqu’un qui n’a jamais lu un contrat. Si tu as besoin d’un dictionnaire pour comprendre ta propre phrase, c’est mauvais signe. Mieux vaut un paragraphe simple, mais appliqué, qu’une clause ultra-technique que personne ne lit.

Dernier point, souvent oublié : la protection des données personnelles. Dès que tu collectes des informations sur tes clients (nom, mail, coordonnées), tu entres dans le champ du RGPD. Tes CGV, ou un document associé, doivent préciser l’usage de ces données, leur durée de conservation, les droits des personnes et, le cas échéant, le recours à un sous-traitant pour l’hébergement ou l’emailing. Ce n’est pas réservé aux grandes plateformes, c’est aussi valable pour une micro-entreprise qui gère une petite base de clients.

Si tu prends le temps de passer ces points en revue une fois, tu gagnes ensuite une base solide que tu n’auras plus qu’à actualiser ponctuellement.

Comment utiliser un modèle gratuit de CGV sans te mettre en difficulté

Les plateformes juridiques et sites dédiés à l’auto-entrepreneur proposent de plus en plus de modèles gratuits de CGV. Cette abondance peut rassurer, mais elle pousse parfois à une utilisation trop rapide : téléchargement, insertion du nom de l’entreprise, envoi. Le problème, c’est que ces modèles restent génériques. Ils ne connaissent ni ton métier, ni tes contraintes, ni ta façon de facturer. Sans personnalisation sérieuse, tu passes à côté de l’intérêt principal du document.

Une bonne approche consiste à considérer ce modèle comme une base de travail et non comme un texte figé. Commence par lire chaque clause à voix haute. Si tu ne comprends pas précisément ce qu’elle implique pour toi ou pour ton client, reformule-la avec tes propres mots. Certains paragraphes peuvent être supprimés, d’autres réorganisés pour coller à ton processus de vente réel. L’objectif est que tu te sentes capable d’expliquer chaque phrase à un client en quelques secondes.

Un détail qui change tout : le format. Idéalement, ton modèle gratuit de CGV est récupéré en Word ou dans un format modifiable. Tu peux ensuite adapter les rubriques, ajouter ton logo, mettre en forme les titres. Une fois la version personnalisée stabilisée, exporte-la en PDF pour l’envoi aux clients. Ce duo modifiable/PDF permet de suivre l’évolution du document sans diffuser des versions différentes à chaque mission.

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De plus en plus d’indépendants optent pour une signature électronique de leurs CGV, souvent combinée avec la signature du devis. Cela crée une trace horodatée difficilement contestable et facilite l’archivage. Toi comme ton client pouvez ainsi retrouver rapidement la version signée en cas de doute sur un délai ou un périmètre de mission. C’est un réflexe simple qui renforce la sécurité du contrat commercial global.

Pour illustrer, prends le cas d’une graphiste freelance qui utilise un modèle trouvé en ligne. En l’état, la clause de propriété intellectuelle indique une cession totale et définitive des droits sans précision. Or, cette graphiste souhaite limiter cette cession dans le temps et au seul pays du client. Sans adaptation, elle se retrouverait liée à des engagements qu’elle n’a jamais réfléchis. En retravaillant la clause, elle reprend la main sur un point central de son activité.

L’enjeu n’est donc pas de fuir les modèles, mais de les dompter. Bien utilisés, ils te font gagner des heures. Mal utilisés, ils créent une illusion de sécurité tout en laissant de vraies failles.

Checklist pratique avant d’envoyer tes CGV à un client

Avant de partager tes CGV, un rapide contrôle de cohérence évite bien des soucis par la suite. Tu peux par exemple vérifier :

Premier point, l’alignement entre tes CGV et tes devis. Les délais annoncés, les acomptes, les modes de paiement doivent correspondre exactement. Si tu indiques un acompte de 40 % sur le devis et 30 % dans les CGV, tu crées une brèche qui pourra être exploitée en cas de tension.

Deuxième point, les coordonnées et le statut. Beaucoup de micro-entrepreneurs oublient de mettre à jour leur adresse, leur forme juridique ou leur mention de TVA après un changement de situation. Or, un numéro SIRET erroné ou une vieille adresse peut fragiliser la valeur du document. Une revue annuelle rapide suffit souvent à garder l’ensemble à jour.

Troisième point, la lisibilité. Si ton document dépasse une dizaine de pages, sans aération ni titrage clair, très peu de clients iront au bout. Un texte bien structuré, avec des paragraphes courts, facilite l’acceptation. Ce n’est pas seulement du confort de lecture ; c’est aussi un signal de sérieux pour la personne qui s’engage.

Une fois ces contrôles effectués, l’envoi des CGV devient un réflexe intégré à ton processus de vente. Tu gagnes en clarté et tu limites la place laissée à l’improvisation.

CGV, contrat de prestation et facturation : comment articuler ces outils

Les CGV ne vivent pas seules. Elles s’insèrent dans un écosystème qui inclut les devis, les factures et, parfois, un contrat commercial plus détaillé. Comprendre qui fait quoi dans cette chaîne évite de tout mélanger. En gros, les CGV posent le cadre général applicable à l’ensemble de tes clients. Le contrat et le devis viennent préciser les modalités spécifiques d’une mission donnée. La facture, enfin, constate l’exécution d’une partie ou de la totalité de ce qui a été convenu.

Pour les missions simples ou ponctuelles, une combinaison « devis + CGV » suffit souvent. Le devis décrit la prestation, le nombre de jours ou le forfait, le prix, et renvoie explicitement aux CGV pour les aspects transverses : paiements, pénalités, gestion des retards, résiliation. Tant que les montants restent raisonnables et que la complexité technique est limitée, ce duo couvre l’essentiel des besoins.

Dès qu’on passe sur des montants plus élevés, des projets longs ou des sujets sensibles (données, sécurité, santé, enfance, par exemple), un vrai contrat signé peut s’ajouter. Ce document intègre souvent les CGV par référence, mais vient détailler les engagements de chaque partie, les indicateurs de réussite, les niveaux de service attendus. Pour un auto-entrepreneur, ce n’est pas réservé aux grands groupes : un simple fichier Word structuré peut faire office de contrat dès lors qu’il est signé.

La facture, elle, reste un élément de preuve à ne pas sous-estimer. Elle doit refléter les termes des CGV : taux de TVA cohérent, délais de paiement identiques, mention des pénalités de retard. Beaucoup de litiges naissent de décalages entre ce qui est écrit dans les CGV et ce qui apparaît sur la facture. Une fois encore, l’alignement entre ces différents documents renforce ta position en cas de contestation.

AspectCGV auto-entrepreneurContrat de prestation
Objectif principalFixer le cadre général de la vente en auto-entreprise pour tous les clientsDéfinir les conditions spécifiques d’une mission ou d’un projet donné
Niveau de détailClauses standardisées, rarement négociées individuellementClauses ajustées au client, parfois négociées point par point
SignatureAcceptation souvent tacite ou via signature électronique globaleSignature formelle, souvent exigée avant le démarrage
Durée d’applicationValables tant qu’aucune nouvelle version n’est publiée ou communiquéeLimitées à la durée du projet ou de la relation décrite
Public concernéEnsemble des clients B2B et B2CClients stratégiques, projets complexes ou montants élevés

Plutôt que d’opposer CGV et contrat, il est plus intéressant de les voir comme deux niveaux de précision. Dans certains cas, tes CGV suffisent largement. Dans d’autres, elles deviennent l’annexe d’un contrat plus fin. La clé consiste à évaluer le risque : montant, durée, sensibilité du sujet, dépendance économique. Plus le risque monte, plus tu as intérêt à compléter tes CGV par un document sur mesure.

Quant aux exemples CGV que tu trouves en ligne, certains proposent des articulations déjà prêtes entre ces différents documents. S’en inspirer permet de structurer ton propre écosystème sans partir d’une page blanche.

Facturation, pénalités et gestion des litiges

Dès qu’il y a du retard de paiement, tout le monde se tourne vers les CGV. C’est une des raisons pour lesquelles les clauses liées à la facturation méritent d’être traitées avec soin. Tu peux y rappeler les délais de règlement, préciser la date de départ (date de facture, fin de mois, réception de la prestation), indiquer les taux de pénalités de retard en lien avec le cadre réglementaire, et mentionner l’indemnité forfaitaire de recouvrement.

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Une bonne pratique consiste aussi à décrire, même brièvement, ta procédure de relance. Par exemple, un rappel amical à J+5, un second rappel plus ferme à J+15, puis une mise en demeure écrite à J+30. Ce type d’indication montre que tu gères ton activité sérieusement, et permet au client de comprendre que les relances ne sont pas personnelles, mais prévues dès l’origine.

En cas de litige plus profond, une clause de médiation peut t’éviter de passer directement par la case judiciaire. Pour les relations avec des particuliers, la désignation d’un médiateur de la consommation est d’ailleurs attendue. Là encore, mieux vaut y réfléchir à froid au moment de la rédaction des CGV, plutôt que dans l’urgence d’un conflit. Cela te laisse le temps de choisir un dispositif adapté à ton secteur.

En travaillant ces différents points de manière cohérente, tu transformes la facturation et la gestion des litiges en processus maîtrisé plutôt qu’en source permanente d’angoisse.

Erreurs fréquentes dans les CGV d’auto-entrepreneurs et bonnes pratiques pour les corriger

Après plusieurs années d’accompagnement d’indépendants, certaines maladresses reviennent presque systématiquement dans les CGV. La première, très basique, est l’oubli des mentions obligatoires liées à l’auto-entrepreneur : numéro SIRET, statut de micro-entreprise, adresse exacte, mention sur la TVA. Ces données peuvent sembler évidentes, pourtant leur absence complique la vérification de ton identité et la valeur du document si un juge doit s’y référer.

Deuxième erreur récurrente : des délais de paiement flous ou trop généreux. Par peur de froisser un client, certains micro-entrepreneurs acceptent des règlements à 60 jours, voire 90 jours, sans contrepartie, alors que leur trésorerie est fragile. C’est rarement une bonne idée. Mieux vaut un délai plus court clairement assumé, quitte à faire une exception ponctuelle négociée, que des conditions standard qui mettent ton compte en banque sous pression permanente.

La confusion entre HT et TTC figure aussi parmi les pièges classiques. Un devis exprimé TTC, des CGV rédigées uniquement en HT, une facture mélangée, et le conflit sur le montant total n’est jamais loin. Là encore, la solution tient en deux choses : cohérence des montants à chaque étape, et mention explicite de la situation de TVA dans tes CGV. Cette cohérence renforce la confiance et évite les discussions sans fin sur les chiffres.

Autre maladresse fréquente : un langage tellement juridique que personne ne comprend ce qui est écrit. Certains modèles hérités de grandes entreprises regorgent de formulations complexes, de renvois d’articles, de phrases interminables. Pour un auto-entrepreneur, ce type de texte crée surtout de la distance. Un client B2B ou B2C a besoin de savoir concrètement comment cela va se passer, pas de se perdre dans un labyrinthe de notions obscures.

Enfin, beaucoup de micro-entrepreneurs rédigent leurs CGV une fois, puis les oublient pendant des années. Entre-temps, leurs offres ont évolué, la réglementation auto-entrepreneur a changé, de nouvelles obligations sont apparues sur les données personnelles ou les pénalités de retard. Une révision annuelle, même rapide, permet de réaligner le document sur la réalité de ton activité et du droit.

Bonnes pratiques pour des CGV vraiment utiles sur le terrain

Pour corriger ces travers, plusieurs réflexes peuvent être adoptés sans transformer ta micro-entreprise en cabinet juridique. Le premier consiste à écrire comme tu expliques. Si tu as l’habitude de présenter tes offres à l’oral, tu peux dicter tes conditions, puis les structurer. Souvent, ce qui fonctionne en rendez-vous client fonctionne aussi dans les CGV, une fois mis au propre.

Deuxième réflexe : tester tes CGV auprès de deux ou trois clients de confiance ou pairs indépendants. Demande-leur si certaines phrases leur semblent floues, s’ils identifient des points manquants. Le regard extérieur repère rapidement ce que tu ne vois plus après plusieurs relectures. Cette mini phase de test te donne aussi l’occasion de clarifier des points qui coinçaient dans tes échanges commerciaux.

Troisième réflexe : documenter tes litiges ou frictions passées. Chaque fois qu’un désaccord apparaît sur une mission, pose-toi la question suivante : « Est-ce que mes CGV auraient pu anticiper ce point ? » Si la réponse est oui, ajoute une précision pour la prochaine version. En quelques années, tes CGV deviendront un concentré d’expérience terrain plutôt qu’un texte théorique déconnecté.

Enfin, si ton activité comporte des enjeux juridiques forts (santé, éducation, données sensibles), une relecture par un professionnel du droit peut être un investissement pertinent. Il ne s’agit pas de déléguer entièrement la rédaction, mais d’obtenir un regard expert sur les zones de risque. Les exemples CGV en ligne ne remplacent pas ce travail quand les enjeux montent.

En appliquant ces bonnes pratiques, tu transformes tes CGV en véritable outil de pilotage de ta relation client, au lieu d’un simple fichier rangé dans un dossier administratif.

Les CGV sont-elles obligatoires pour un auto-entrepreneur ?

Sur le plan strictement légal, les conditions générales de vente ne sont pas exigées dans toutes les situations pour un auto-entrepreneur. En revanche, dès que tu travailles avec des clients professionnels, que tu vends en ligne à des particuliers ou que les montants en jeu deviennent significatifs, disposer de CGV claires est fortement recommandé. Elles sécurisent la vente en auto-entreprise, cadrent les paiements et servent de preuve en cas de litige.

Comment adapter un modèle gratuit de CGV à mon activité ?

Commence par choisir un modèle gratuit ciblé auto-entrepreneur, de préférence en format modifiable. Personnalise ensuite l’identification (nom, SIRET, statut), les descriptions de prestations, les prix et délais, les pénalités de retard, la propriété intellectuelle et la gestion des données. Supprime les clauses qui ne te concernent pas et reformule celles que tu ne comprends pas. Enfin, vérifie la cohérence avec tes devis et factures avant de diffuser.

Quelle différence entre CGV et contrat commercial pour un indépendant ?

Les CGV définissent le cadre général applicable à l’ensemble de tes ventes ou prestations : règles de paiement, responsabilités, gestion des retards, etc. Le contrat commercial, lui, détaille une mission précise pour un client donné : objectifs, planning, livrables, prix négociés. En pratique, les CGV complètent le contrat ou le devis, surtout quand le projet est long ou sensible.

Comment prouver qu’un client a bien accepté mes CGV ?

Le plus simple est d’associer les CGV à ton devis ou bon de commande, avec une mention d’acceptation et une signature électronique ou manuscrite. Tu peux aussi demander au client de cocher une case « j’accepte les conditions générales de vente » lors d’une commande en ligne. Garde une copie de la version applicable à la date de l’accord pour pouvoir la produire en cas de contestation.

Quelles sont les erreurs les plus fréquentes à éviter dans mes CGV d’auto-entrepreneur ?

Les oublis de mentions obligatoires (SIRET, statut, TVA), les délais de paiement trop longs, l’absence de pénalités de retard, la confusion entre montants HT et TTC ou encore l’utilisation d’un langage tellement juridique qu’il en devient incompréhensible figurent parmi les erreurs courantes. Autre piège : ne jamais mettre à jour ses CGV alors que l’activité et la réglementation évoluent.

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