Modèle clause ticket restaurant dans le contrat de travail : exemple concret et conseils de rédaction

Les tickets restaurant font partie des avantages salariés les plus scrutés au moment de la signature d’un contrat de travail. Pourtant, la fameuse clause ticket restaurant est encore souvent absente ou rédigée à la va-vite,

Sophie Martineau

Rédigé par : Sophie Martineau

Publié le : mars 25, 2026


Les tickets restaurant font partie des avantages salariés les plus scrutés au moment de la signature d’un contrat de travail. Pourtant, la fameuse clause ticket restaurant est encore souvent absente ou rédigée à la va-vite, avec des conditions d’utilisation floues et des formulations qui ne tiennent pas face à un contrôle URSSAF ou à un litige prud’homal. Entre les plafonds d’exonération qui évoluent, l’égalité de traitement des télétravailleurs et la fin programmée du papier, l’arbitrage n’est plus seulement social : il touche directement la sécurité juridique et la stratégie de rémunération de l’entreprise.

Face à ce contexte, disposer d’un modèle clause clair, à jour des règles 2026 et adapté à différents profils (CDI, temps partiel, télétravail, stagiaires, agents publics) n’est plus un luxe. C’est un outil de pilotage concret, qui protège à la fois l’employeur et le salarié. Le but n’est pas de surcharger le contrat, mais d’y insérer une insertion clause ciblée, qui décrit précisément la valeur du titre, la part financée par l’entreprise, les jours concernés et les exclusions. À défaut, ce sont les usages d’entreprise, les e-mails informels ou les habitudes de paie qui servent de référence… jusqu’au jour où un salarié conteste la suppression de ses titres, ou qu’un inspecteur s’étonne d’un plafond dépassé depuis deux ans.

Au fil des contentieux récents et des contrôles renforcés, un constat se dégage : une clause bien écrite, appuyée sur un exemple concret et quelques conseils rédaction simples, évite une large part des problèmes. Elle cadre la pratique, clarifie les conditions d’utilisation pour chaque catégorie de personnel et rend l’avantage lisible sur le long terme. Côté salariés, voir les titres-restaurant mentionnés noir sur blanc donne une sécurité tangible, au même titre qu’un treizième mois ou qu’une prime contractualisée. Côté RH, c’est un argument supplémentaire pour attirer et fidéliser, avec un coût socialement optimisé et fiscalement intéressant.

  • La clause ticket restaurant n’est jamais obligatoire dans un contrat, mais vivement recommandée pour sécuriser l’avantage.
  • Un titre-restaurant mal cadré peut être requalifié par l’URSSAF et devenir une source de litiges prud’homaux.
  • Un modèle clause adaptable (CDI, temps partiel, télétravail, stagiaires) fait gagner du temps aux RH tout en protégeant les salariés.
  • Les avantages salariés comme les tickets restaurant pèsent de plus en plus dans le choix d’un employeur.
  • La rédaction doit anticiper les évolutions légales, notamment le plafond d’exonération et la généralisation des supports dématérialisés.

Modèle clause ticket restaurant dans le contrat de travail : cadre légal, enjeux et erreurs fréquentes

Avant de copier-coller un modèle de clause ticket restaurant dans un contrat de travail, il faut partir du cadre légal. Le titre-restaurant est défini par l’article L3262-1 du Code du travail comme un moyen de paiement destiné aux repas, attribué par l’employeur pour les journées de travail comprenant une pause déjeuner. En clair, ce n’est ni une prime, ni une indemnité flexible : c’est un dispositif très encadré, avec des conditions d’utilisation précises et un régime social particulier.

Première prise de position nette : considérer le ticket restaurant comme un « petit plus » informel est une mauvaise idée. Une fois mis en place, cet avantage se retrouve au croisement du droit du travail, du droit fiscal et des pratiques internes. S’il n’est pas formalisé au minimum dans un document écrit (clause de contrat, décision unilatérale, accord collectif), l’entreprise s’expose au fameux « usage d’entreprise ». Autrement dit, la répétition de l’avantage sur plusieurs années finit par créer une obligation de maintien, même sans clause écrite. De nombreux dirigeants découvrent ce mécanisme lorsqu’ils tentent de supprimer les titres pour des raisons budgétaires.

Deuxième point clé : le titre-restaurant n’est pas obligatoire en soi, sauf si un accord collectif, une convention de branche ou un usage l’impose. En revanche, à partir du moment où il existe, son attribution doit respecter l’égalité de traitement entre salariés placés dans la même situation. Un CDI et un CDD avec les mêmes horaires sur un même poste doivent bénéficier des mêmes droits. Même chose pour les intérimaires, alternants et stagiaires présents sur le temps du déjeuner. Exclure certaines catégories sans justification objective revient à ouvrir la porte à un contentieux que l’entreprise peut difficilement gagner.

Sur le plan financier, le ticket restaurant repose sur un équilibre précis. La part patronale doit représenter entre 50 % et 60 % de la valeur du titre pour bénéficier de l’exonération de cotisations. En 2026, le plafond d’exonération est fixé à 7,32 € par titre. Ce détail n’en est pas un : si la participation de l’employeur dépasse ce seuil, la fraction excédentaire est réintégrée dans l’assiette des charges sociales. Beaucoup de clauses encore en circulation mentionnent des plafonds anciens, ce qui crée un décalage entre le texte et la pratique. En cas de contrôle, l’URSSAF ne s’intéresse pas à la bonne volonté, mais au respect des chiffres.

Autre angle souvent négligé : l’impact du support. Les entreprises jonglent encore entre carnets papier, cartes dématérialisées et applications mobiles. Or la bascule vers le tout dématérialisé est en marche, avec la disparition annoncée du papier. Une bonne clause anticipe cette transition et évite de lister un mode de distribution appelé à disparaître. Elle peut, par exemple, mentionner un support « dématérialisé ou tout autre format conforme aux textes en vigueur », ce qui laisse la porte ouverte à l’évolution des outils sans nécessiter un avenant systématique.

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Enfin, les contentieux récents ont tranché plusieurs questions qui empoisonnaient les pratiques RH. Les télétravailleurs ont désormais les mêmes droits que les salariés présents sur site, dès lors que leur journée de travail inclut une pause repas. Tenter de les exclure sous prétexte qu’ils mangent chez eux n’est plus défendable. Les temps partiels, eux, ont droit aux titres dès lors que la journée de travail est organisée autour d’un vrai créneau de déjeuner. Là encore, une rédaction floue dans le contrat finit toujours par être interprétée en faveur du salarié.

En résumé, une clause mal pensée peut coûter cher, mais l’absence de clause n’est pas plus rassurante. Le bon réflexe consiste à ancrer cet avantage dans un texte clair, qui combine sécurité juridique et marge de manœuvre minimale pour suivre les évolutions légales.

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Modèles de clauses tickets restaurant : exemples concrets pour CDI, temps partiel et télétravail

Passer de la théorie à la pratique, c’est là que les choses se corsent souvent pour les RH. Pour éviter les formulations imprécises, mieux vaut partir d’un exemple concret de modèle clause et l’adapter. Imaginons l’entreprise NovaData, PME de services numériques d’une cinquantaine de personnes. Elle recrute en CDI, en alternance, accepte le télétravail et fait appel à quelques intérimaires. Son objectif : intégrer une clause ticket restaurant dans chaque contrat de travail, cohérente avec sa politique sociale et exploitable en cas de contrôle.

Pour les CDI à temps plein, la clause standard peut se présenter de cette façon :

Exemple concret de clause standard (CDI temps plein)

« Le salarié bénéficie d’un titre-restaurant par jour de travail effectif incluant une pause repas, que ce travail soit réalisé dans les locaux de l’entreprise ou en télétravail. La valeur faciale de chaque titre est fixée conformément au plafond d’exonération légal en vigueur. La participation de l’employeur représente [X] % de cette valeur, dans la limite de 7,32 € par titre, le solde étant prélevé sur la rémunération nette du salarié.

Les titres-restaurant sont délivrés chaque mois sous format dématérialisé ou tout autre support conforme à la réglementation. Ils ne sont pas attribués en cas d’absence, quelle qu’en soit la nature (congés, arrêts de travail, jours de RTT, jours fériés non travaillés).

Les modalités d’attribution évolueront automatiquement en fonction des dispositions légales et conventionnelles en vigueur, sans qu’un avenant ne soit nécessaire pour les seules modifications de plafond ou de support. »

Cette formulation coche plusieurs cases à la fois : mention des jours ouvrant droit, prise en compte du télétravail, lien avec le plafond URSSAF sans figer un montant, anticipation du passage au dématérialisé. Elle évite aussi la tentation de détailler chaque année un chiffre qui changerait au 1er janvier.

Pour les temps partiels, la clause doit s’appuyer sur la réalité de l’horaire journalier. C’est un point régulièrement mal compris. Un salarié qui travaille de 9 h à 13 h sans vraie pause déjeuner n’entre pas dans le périmètre, là où un autre en 9 h–14 h avec coupure y a droit. Voici une version adaptée :

Exemple concret de clause pour temps partiel

« Le salarié à temps partiel bénéficie de titres-restaurant pour chaque jour de travail effectif dont l’horaire journalier inclut une pause repas. Lorsque cette condition est remplie, la valeur faciale du titre et la répartition de la participation employeur/salarié sont identiques à celles applicables aux salariés à temps plein.

En cas de modification ultérieure des horaires de travail supprimant la pause repas sur certaines journées, l’attribution des titres-restaurant pour ces journées sera suspendue, après information écrite du salarié. »

Cette version a un mérite : elle évite les frustrations liées à un mi-temps organisé sur des matinées uniquement, tout en affirmant le principe d’égalité de traitement quand la configuration de travail est comparable à celle d’un temps plein.

Le troisième cas devenu incontournable concerne le télétravail. Un grand nombre de modèles anciens continuent de mentionner les titres-restaurant uniquement pour les jours de présence physique. Or les décisions récentes ont mis fin au flou. Une clause claire peut ressembler à ceci :

Exemple concret de clause intégrant le télétravail

« Le salarié perçoit un titre-restaurant par jour de travail effectif, qu’il soit accompli sur site ou en télétravail, dès lors que l’horaire journalier comprend une pause repas. Aucune différence de traitement n’est appliquée en fonction du lieu d’exécution du travail. »

Dans le cas de NovaData, ces trois briques de rédaction offrent une base solide pour couvrir l’essentiel des situations courantes. Les contrats d’alternance et les conventions de stage pourront reprendre une structure similaire, avec une phrase rappelant le cadre spécifique (Code de l’éducation pour les stagiaires, contrat de travail pour les alternants). L’important reste de ne pas inventer de règles « maison » déconnectées du droit commun, comme un seuil d’ancienneté disproportionné ou une exclusion globale d’une catégorie de salariés.

Au passage, il faut rappeler une réalité rarement assumée : inscrire le ticket restaurant dans le contrat crée une obligation forte pour l’employeur. Supprimer ensuite cet avantage sans accord écrit du salarié reviendrait à modifier un élément essentiel du contrat, avec tout ce que cela implique en termes de risques prud’homaux. Ce n’est pas une raison pour tout laisser dans l’implicite, mais un point à avoir en tête au moment du choix de la stratégie de formalisation.

Comparaison des modes de mise en place : clause contractuelle, décision unilatérale ou accord collectif

Avant même de parler de conseils rédaction, une question pèse sur la table des DRH : faut-il toujours intégrer une clause ticket restaurant dans chaque contrat de travail, ou vaut-il mieux passer par une décision unilatérale ou un accord collectif ? La réponse dépend beaucoup de la taille de l’entreprise, de son histoire sociale et de son appétit pour la flexibilité. Là où une PME misera sur une clause individualisée pour valoriser les avantages salariés, un grand groupe préférera souvent un dispositif collectif plus souple.

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Pour clarifier les enjeux, le tableau ci-dessous synthétise les différences entre les trois principaux modes de mise en place.

CritèreClause dans le contrat de travailDécision unilatérale (DUE)Accord collectif
Mise en placeInsérée dans chaque contrat ou avenant, signée par le salariéDécision de l’employeur, après consultation du CSENégociation avec syndicats ou CSE, signature d’un accord
Modification des tickets restaurantAccord écrit du salarié indispensablePossible avec délai de prévenance et information des salariésRenégociation de l’accord nécessaire
Suppression de l’avantageTrès risquée sans accord, forte protection du salariéProcédure de dénonciation, délai de prévenanceDénonciation encadrée par le Code du travail
Souplesse pour l’employeurFaibleÉlevéeMoyenne
Lisibilité pour le salariéTrès forte (droit individuel garanti)Bonne, mais dépend de l’information donnéeForte, mais plus technique à appréhender

Première position assumée : pour une petite ou moyenne entreprise qui recrute au compte-gouttes, intégrer l’avantage directement dans le contrat a du sens. Cela montre clairement aux candidats ce qu’ils gagnent, renforce la confiance dès la signature et limite les discussions informelles du type « j’avais compris que… ». C’est particulièrement utile dans les secteurs où les avantages salariés sont un levier de différenciation, comme le numérique, le conseil ou certaines industries en tension.

À l’inverse, pour une structure qui emploie plusieurs centaines de personnes, multiplie les sites et les catégories de personnel, l’inscription systématique de la clause ticket restaurant dans chaque contrat de travail peut devenir une contrainte lourde. À chaque ajustement de la politique de titres-restaurant, il faudrait renégocier des dizaines d’avenants. Dans ce cas, la décision unilatérale ou l’accord collectif offrent une marge de manœuvre plus réaliste, à condition que les règles soient ensuite communiquées clairement aux salariés.

Deuxième point à regarder de près : la cohérence avec les autres dispositifs. Si la politique de titres-restaurant est déjà encadrée par une convention collective ou un accord de branche, la clause insérée dans le contrat ne peut être moins favorable. Elle peut en revanche préciser des aspects pratiques ou sécuriser un niveau de prise en charge plus intéressant. Dans ce cas, le contrat devient un plus pour le salarié, sans déstabiliser l’architecture collective déjà en place.

Tiens, un cas concret mérite d’être cité. Dans une entreprise de logistique qui a longtemps fonctionné sur la base d’un usage non écrit, la direction a décidé de passer à une DUE pour reprendre la main sur le dispositif. Résultat : un an plus tard, lors d’une baisse de participation patronale, les salariés ont contesté la modification en faisant valoir un « droit acquis » supérieur. Faute de clause claire, la discussion a tourné au rapport de force. Une formalisation écrite plus tôt, qu’elle soit contractuelle ou collective, aurait réduit la zone grise.

Au final, il n’existe pas de modèle unique valable pour tous. Ce qui compte, c’est de choisir un vecteur en connaissance de cause, puis de l’assumer dans la durée. La légalité clause ne tient pas seulement au texte utilisé, mais aussi à la façon dont il s’articule avec le reste de la politique RH.

Conditions d’utilisation, profils de salariés et plafonds 2026 : sécuriser la clause dans la durée

Une clause ticket restaurant vraiment utile ne se contente pas de dire « le salarié a droit à des titres-restaurant ». Elle précise les conditions d’utilisation pour chaque profil, s’ajuste aux règles d’exonération et anticipe les particularités de l’entreprise. C’est ce niveau de détail qui évite les contestations du type « pourquoi lui et pas moi ? » ou les redressements liés à une mauvaise application des plafonds.

Concrètement, la clause doit répondre à plusieurs questions simples : qui y a droit, quand, dans quelles limites et avec quels montants ? Les CDI temps plein avec pause déjeuner entrent naturellement dans le dispositif. Les CDD et intérimaires aussi, dès lors qu’ils remplissent les mêmes conditions. Les alternants, en tant que salariés, ne peuvent pas être exclus sans motif objectif. Les stagiaires bénéficient des mêmes facilités de restauration que les salariés, ce qui inclut les tickets restaurant si l’entreprise en distribue.

Le cas des temps partiels appelle une vraie vigilance. La règle d’or reste la présence d’une pause repas dans l’horaire journalier. Plutôt que de multiplier les exceptions, une bonne clause prévoit une formule simple et reproductible, du type : « un titre est attribué par jour de travail effectif incluant une pause repas, quelle que soit la durée de travail journalière ». Ensuite, il revient à l’entreprise de vérifier que les plannings sont cohérents avec cette règle.

Côté montants, le plafond d’exonération de la participation patronale à 7,32 € par titre en 2026 sert de boussole. Pour rester dans la zone exonérée, la valeur faciale du titre se situe généralement entre 12,20 € (si l’employeur finance 60 %) et 14,64 € (s’il finance 50 %). Une clause pertinente ne fige pas ces chiffres en toutes lettres, mais renvoie aux « plafonds légaux en vigueur ». Elle peut toutefois les mentionner dans une note interne ou une annexe mise à jour chaque année par la direction ou le service paie.

Voici un exemple de formulation qui tient la route sur plusieurs années :

« La valeur faciale des titres-restaurant et la participation de l’employeur sont fixées dans la limite du plafond d’exonération prévu par la législation applicable, tel que révisé chaque année. »

Ce genre de phrase évite le piège classique de la clause obsolète où l’on lit encore des montants disparus depuis longtemps, comme 7,18 € ou 7,26 €. Lors d’un contrôle, l’entreprise peut alors démontrer que sa pratique suit les textes, même si le contrat ne précise pas les montants exacts.

Les conditions d’utilisation doivent également couvrir les cas de non-attribution : congés payés, arrêts maladie, RTT, jours fériés non travaillés. Oublier ces exclusions dans la clause, c’est laisser la porte ouverte à des demandes de rappels de titres pour des périodes d’absence. Certains salariés n’hésitent pas à s’appuyer sur un silence du contrat pour défendre une interprétation favorable, et les juges ont tendance à trancher en leur faveur lorsque le texte manque de précision.

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Pour résumer les profils, une grille de lecture interne (même si elle ne figure pas intégralement dans le contrat) peut s’avérer utile, surtout dans les structures où cohabitent intérimaires, prestataires externes et salariés internes. Elle permet de rappeler que les consultants indépendants, par exemple, ne sont pas éligibles, faute de contrat de travail. Là encore, la cohérence entre la clause et la réalité du terrain reste le meilleur bouclier contre les contestations.

Au final, une clause solide ne cherche pas à tout dire, mais elle sécurise l’essentiel : les catégories bénéficiaires, les conditions d’attribution, la référence aux plafonds légaux et les principales exclusions. Tout le reste peut vivre dans des documents annexes régulièrement mis à jour.

Conseils de rédaction et modèle d’avenant : régulariser les contrats existants sans se piéger

De nombreuses entreprises se rendent compte un peu tard que leurs tickets restaurant ne reposent sur aucun texte clair. Les contrats de travail n’en parlent pas, aucun accord collectif n’a été signé, et la seule trace du dispositif se trouve dans le logiciel de paie. Dans ce cas, la meilleure façon de sécuriser l’existant consiste souvent à passer par un avenant au contrat pour les salariés concernés, tout en clarifiant la politique globale par une note interne ou une DUE.

Un bon avenant suit toujours la même logique : rappeler le contrat initial, préciser l’objet de la modification, détailler la nouvelle clause et indiquer la date d’effet. Ce n’est pas un gadget administratif, mais un document qui engage durablement les deux parties. Une fois signé, l’avantage devient contractuel. Impossible ensuite de le supprimer sans l’accord du salarié, sauf à prendre le risque d’un contentieux sur la modification unilatérale d’un élément essentiel du contrat.

Voici les points à garder en tête avant de rédiger cet avenant :

  • Vérifier la convention collective et les éventuels accords déjà en vigueur, pour éviter les incohérences.
  • Clarifier la politique cible (valeur faciale, part patronale, profils bénéficiaires) avant de rédiger quoi que ce soit.
  • Prévoir une formulation souple sur les montants et le support pour limiter les avenants futurs.
  • Informer le CSE en amont, même si l’avenant reste une démarche individuelle.

Un modèle d’avenant peut ensuite servir de base et être adapté au cas par cas. Par exemple :

« Le présent avenant a pour objet d’intégrer dans le contrat de travail du salarié les modalités d’attribution des titres-restaurant mis en place au sein de l’entreprise. À compter du [date], le salarié bénéficiera d’un titre-restaurant par jour de travail effectif incluant une pause repas, dans la limite et selon les conditions prévues par la réglementation applicable. »

La suite reprend les éléments déjà vus : valeur faciale, pourcentage de prise en charge, exclusions, format et clause d’évolution. L’idée est d’éviter les formulations floues du type « lorsque l’employeur le jugera utile » qui décrédibilisent l’engagement pris. Une clause qui ressemble à une promesse conditionnelle perd une grande partie de sa force juridique et peut être contestée pour imprécision.

Du côté des conseils rédaction, trois erreurs reviennent régulièrement dans les textes transmis à la signature :

Première erreur, reprendre un modèle trouvé en ligne sans l’actualiser. Beaucoup de clauses « prêtes à l’emploi » circulent encore avec des plafonds antérieurs ou des références partielles au Code du travail. Avant d’insérer une phrase dans un contrat, un passage rapide par les sources officielles (Légifrance, site de l’URSSAF, portail service-public) évite des décalages évidents.

Deuxième erreur, détailler à l’excès des aspects qui relèvent plutôt de la gestion quotidienne, comme le nom du prestataire de titres-restaurant ou la procédure de re-crédit en cas de carte défectueuse. Ces éléments sont plus à leur place dans une note interne ou une FAQ RH que dans un contrat rigide. Le contrat doit rester lisible, centré sur les droits et obligations, pas sur la technique.

Troisième erreur, ignorer l’impact du télétravail ou des heures décalées. Une clause rédigée en pensant uniquement au présentiel de bureau finit vite par sonner faux dans une organisation hybride, avec des équipes sur site, à distance, parfois en horaires du soir ou du week-end. Là encore, un minimum d’anticipation rédactionnelle réduit le besoin d’avenants successifs.

En posant ces bases, l’entreprise se donne une marge de manœuvre. Les salariés savent à quoi s’en tenir, les RH disposent d’un texte de référence et les futures recrues lisent noir sur blanc en quoi consiste l’avantage. Ce n’est ni une garantie de paix sociale éternelle, ni un rempart absolu contre tout litige, mais c’est un socle solide pour discuter sur des bases claires.

La clause ticket restaurant doit-elle obligatoirement figurer dans le contrat de travail ?

Non, aucune règle n’impose d’inscrire les tickets restaurant dans le contrat de travail. En revanche, une clause écrite offre une sécurité juridique supérieure pour le salarié comme pour l’employeur. Elle clarifie les conditions d’attribution, les exclusions et le lien avec les plafonds d’exonération, ce qui limite les litiges et facilite les contrôles URSSAF.

Que se passe-t-il si l’employeur veut modifier une clause ticket restaurant déjà inscrite au contrat ?

Dès lors que la clause figure dans le contrat, toute modification substantielle (baisse de la participation, suppression de l’avantage, changement profond des conditions d’utilisation) nécessite l’accord écrit du salarié. Si ce dernier refuse, l’employeur ne peut pas imposer la modification sans s’exposer à un contentieux sur la modification unilatérale d’un élément essentiel du contrat.

Comment sécuriser la légalité de la clause ticket restaurant en 2026 ?

Pour sécuriser la clause, il faut vérifier trois points principaux : conformité avec les articles du Code du travail sur les titres-restaurant, respect du plafond d’exonération URSSAF (7,32 € de part patronale par titre en 2026) et égalité de traitement entre salariés placés dans une situation comparable, notamment entre présentiel et télétravail. Une rédaction qui mentionne les plafonds « en vigueur » et prend en compte les différentes catégories de salariés réduit fortement le risque de contestation.

Peut-on réserver les tickets restaurant aux seuls CDI à temps plein ?

Réserver les titres-restaurant aux seuls salariés en CDI à temps plein est risqué si d’autres salariés (CDD, alternants, intérimaires) remplissent les mêmes conditions de travail, notamment en termes d’horaires et de pause repas. Le principe d’égalité de traitement impose de ne pas créer de discrimination sans justification objective. Mieux vaut définir des critères liés aux horaires et à la présence qu’au type de contrat.

Faut-il mentionner le montant exact du ticket restaurant dans la clause ?

Ce n’est pas indispensable, et même souvent déconseillé. Il est plus judicieux de prévoir une clause qui renvoie au plafond d’exonération légal ou aux dispositions internes en vigueur. Le montant exact peut être communiqué dans une note RH ou une grille d’avantages mise à jour chaque année. Cette approche évite de devoir signer un avenant à chaque revalorisation du titre ou modification du plafond URSSAF.

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